donc l'été #2

Publié le par Za

donc l'été  #2

Prolongeons l'été, donc, à contre-courant de l'impitoyable rentrée littéraire, un peu comme un genre de slow book...

J'ai commencé les vacances avec Gustave Eiffel et les âmes de fer, de l'inégalable, l'impayable, la très talentueuse Flore Vesco. Après Louis Pasteur, c'est à Gustave Eiffel de s'y coller, avec Alfred Nobel en second rôle.

donc l'été  #2

La S.S.S.S.S.S. recrute. La Société Super Secrète des Savants en Sciences Surnaturelles, toujours à l'affut de créatures surnaturelles, s'intéresse cette fois à un phénix. Et quoi de plus discret pour ce genre de bestiole que de s'installer dans une usine de métallurgie... Gustave Eiffel, fraichement recruté, va infiltrer la manufacture, pour y découvrir d'autres créatures, plus dangereuses encore... 
Steampunk, action, fantastique et rigolade sont les ingrédients principaux de ce roman, saupoudré de jeux de calembours métallurgiques totalement assumés.

- Bienvenue ! Vous n'êtes pas déguisé ?
Gustave, n'ayant pas eu de temps à consacrer à la confection d'un déguisement, portait une classique tenue de soirée noire. Mais il avait tout prévu.
- Je suis l'ami noir, dit-il avec un clin d’œil.
Isamberte éclata de rire. Le jeune homme se sentit soulevé de dix bons centimètres au-dessus du sol. La jeune fille était bien la première à rire de bon cœur à ses calembours.

Sans jamais sacrifier aux rebondissements de l'action menée tambour battant, Flore Vesco prête encore ici une attention particulière à la langue. Calembours, donc, mais aussi argot des ouvriers, termes techniques confinant à la poésie...

L’oreille était assaillie par mille bruits discordants : partout on clouait, vissait, rivait, écrouissait, sciait, escapoulait, calorisait, rabotait, corroyait, étampait, décottait, corrodait, mazéait, grenaillait, ébrondait, dolait, dulcifiait, emboutissait, laminait, crampait, ébarbait, burinait, pilonnait, cinglait, brasait et brocardait. Ce vacarme déferlait avec une telle force qu'il poignait le crâne et empêchait de penser.

J'ai un faible pour le personnage de Galvanier, dont Fiston m'apprend à l'instant qu'il est inspiré de Luigi Galvani - ma culture scientifique étant assez proche du néant, heureusement qu'il est là... L'agent fou avec un crochet à la place de la main finit sa vie égaré dans un immeuble insalubre du quai des Orfèvres où Gustave Eiffel trouve un logement temporaire. Flore Vesco prête au vieil homme une langue parallèle mais totalement compréhensible. Le tour de force est assez génial, on se régale !

Gustave tenta de recentrer la conversation. Il était curieux de savoir comment Galvanier avait perdu la main et la tête.
- Je traversais sur l'électricité, expliqua finalement le vieil homme. Je m'intercédais particulièrement à l'électricité amirale.
- L'électricité amirale ? demanda Gustave.
- Oui ! De nombreux amiraux vénèrent de l'électricité, comme l'aiguille, par exemple. Je soulais comprendre comment le fluide électrique agit sur les âtres rivants. Je minais des expériences sur les bredouilles. J'avais découvert que leurs Suisses se contactaient si on reniait les serfs et le muscle avec deux manteaux différents.

Moi qui ne suis pas très séries et suites, je dois avouer que ce roman, dans la droite ligne de Louis Pasteur contre les loups-garous, me fait espérer une suite...

Flore Vesco
Gustave Eiffel et les âmes de fer
Didier Jeunesse, mai 2018

 

Publié dans romans

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Commenter cet article

Violette 08/11/2018 18:54

coucou :) Belle découverte apparemment!

Za 21/11/2018 19:43

Mais que oui ! Et salut, Violette, heureuse de te voir par chez moi :)

Carotte 11/10/2018 18:00

Y'a un petit côté Pefien Motordu dans la langue de Galvanier !

Za 21/11/2018 19:44

C'est pas faux ;)