brindille
Brindille est une fille, gracile, pas docile. Et lorsqu'on vit dans un monde d'hommes, entre un père et trois frère, autant savoir jouer des coudes. Et s'ils sont pointus, ces coudes, c'est encore mieux ! Pour apprendre à se battre, quoi de mieux que la boxe ? La vraie, avec des gants, celle où l'on croise rarement des filles, mais qu'importe !
Il arrive parfois, mais c'est finalement relativement rare, qu'on croise un album où rien ne manque, un livre qui a tout : l'histoire, le texte, le dessin, la couleur, la mise en page, l'intention. Et dieu sait si j'emploie ce dernier mot avec des pincettes. L'intention, le message, lorsqu'ils sont trop visibles, trop marqués, c'est un peu comme une très jolie fille (si vous aimez les filles), ou un joli garçon (si c'est plus votre came) dont le sourire enjoleur serait encombré d'un bout de salade, d'un relief de persil. Brindille manie la revendication féministe avec délicatesse. Car si les garçons se mettent à la lessive, la frêle Pavlina retournera à son piano, non sans avoir gagné le match. Elle aura fait ses preuves, et c'est tout.
Rien n'est simple dans cette histoire. Les personnages sont profonds et justes, en deux dessins, en quelques mots, tout est dit. Le père, émigré russe, ancien mineur, chauffeur de taxi, épuisé par son travail est infiniment touchant. Et l'entraineur, discret et bienveillant, et les frères, lourdauds mais pas tant que ça... Tous les personnages sont traités avec finesse et respect.
Le dessin de Rémi Courgeon déborde de l'énergie et du caractère bien trempé de son héroïne. Le graphisme accompagne très efficacement le propos, à l'image du texte qui s'orne d'une lettrine de circonstance. Brindille est un album très attachant, optimiste et positif !
Brindille
Rémi Courgeon
Milan, octobre 2012
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c'est le blog de Rémi Courgeon.