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7 articles avec pastel

Pfff...

Publié le par Za

Puisque l'ennui a des vertus (et j'en suis persuadée), voici l'album idéal ! 

Pfff...

Commençons par la bouille tout à fait réjouissante des deux principaux protagonistes de cette histoire de prime abord peu violente. Tout est là, dans la fatigue de la vacuité à peine surjouée. Les connaisseurs en minuscules (anciens minuscules eux-mêmes) reconnaitront l'outrance du regard las au bord de l'évanouissement, à bout de forces tellement on n'a rien à faire, Merle et Roro s'enquiquinent à cent sous l'heure, s'emm... comme des rats morts. Tout est nul. Chaque proposition de leur père est jugée comme profondément inintéressante.
Parents d'enfants de cet âge-là, disons entre 5 et 8, scrutez leur expression à ce moment précis. C'est la préfiguration de certains délicieux moments de l'adolescence... Un avant-goût. Et hâtez-vous d'en sourire avec attendrissement. Cet instant est (heureusement) fugace et passe comme l'éclair à la première bêtise rigolote.

Pfff...

Claude K. Dubois frôle le génie dans la description de ce moment somme toute banal. La vie déborde de chaque image, dans le rien qui accable les premières pages comme dans l'enthousiasme de l'activité trouvée - et que je vous laisse découvrir tant elle ne fait rire qu'en contexte. Tout le monde se reconnaitra ici, enfant et parents et partagera une tranche de rigolade, de celles qui dissipent l'ennui à coup sûr !

Pfff...
Claude K. Dubois
Pastel, septembre 2017

Pfff...

Publié dans albums, Claude K. Dubois, Pastel

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la promesse de l'ogre

Publié le par Za

la promesse de l'ogre

La promesse de l'ogre...
Posé sur cette couverture magnifique, le titre est parfait, qui rappelle La promesse de l'aube de Romain Gary. Les pieds ballants, le fils de l'ogre regarde droit devant lui, au-delà de l'horizon.Tout est dit dans cete image, l'enfant guette, perdu dans l'ombre d'un arbre automnal, immobile devant un ciel bleu sans tache.

la promesse de l'ogre

Tous deux se passionnaient pour la botanique et les oiseaux. L'été était leur saison préférée. Ils préféraient la mer à la montagne, la douche au bain,. Les parfums du muguet et des violettes étaient de ceux qui les ravissaient.
Après le chant des oiseaux, Jean-Sébastien Bach était leur compositeur préféré.
Sans crainte de se tromper, l'on pouvait dire que le père et le fils s'aimaient.

Mais l'ogre est un ogre et le fils goûte peu la chair humaine. Alors le père promet. Plus jamais il ne mangera d'enfant, celui-ci était le dernier. Mais...

la promesse de l'ogre

L'amour entre ces deux-là est magnifique à voir. Il est fait de rigolades, de baignades dans la rivière, du chant des oiseaux, du miel et des fleurs de tilleul, du partage de la beauté de la nature. Un bonheur simple et doux, mis à mal par la violence du père, son irrépressible besoin de dévorer parfois un enfant. Le texte de Rascal est cru, sans faux semblant. Le père promet mais replonge. Il est décevant, provoque la révolte. Mais peut-on s'empêcher de l'aimer tant il est attentif et doux dans son rôle de père. Le fils, lui, va faire un choix.
Les images de Régis Lejonc, d'une extraordinaire densité, rendent poignante la solitude du fils, les nuits d'interrogation, l'espoir déçu et la grande tendresse. Jamais l'illustrateur n'occulte la sauvagerie de l'ogre. Il utilise les couleurs en virtuose : les bleus de la pénombre, les ors et l'ocre de l'automne.

la promesse de l'ogre
la promesse de l'ogre

La promesse de l'ogre est un album d'une grande franchise, balançant entre la frayeur et l'humanité des protagonistes.

La promesse de l'ogre
Rascal & Régis Lejonc
Pastel, mars 2015


Vous pouvez réécouter la chronique que Denis Cheyssoux a consacré à cet album dans l'indispensable émission L'as-tu lu mon p'tit loup ? sur la non moins indispensable France Inter, radio du service public, vous savez, de celles où l'on n'entend pas de pub...

Publié dans albums, Rascal, Régis Lejonc, Pastel

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le petit Guili

Publié le par Za

C'est avec émotion que nous avons acheté ce livre ce matin. Un mélange de joie et de gravité, bizarre, comme un sourire triste.

 

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Le petit Guili est une fable. Une fable sur le pouvoir, l'ivresse des hauteurs, et peut-être le besoin de revanche d'un être marqué par sa petite taille. Car être le roi des animaux ne suffit pas, encore faut-il être cruel. L'histoire est forte et manie l'ironie avec finesse. À sa manière, Guili, le petit oiseau, le plus fragile de tous, montrera que le roi est nu et que le pouvoir s'accommode fort bien de l'absurdité.

 

On croyait bien connaître les images, le style de Mario Ramos. On se trompait. Pour cet album, il avait décidé de nous surprendre.

 

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Le trait est certes reconnaissable mais le traitement de l'image l'est moins. Collage, épure, personnages seuls sur fond blanc, peinture brute, envolée de pinceau, traits de crayons au premier plan, éclaboussures. L'album est traversé d'un souffle graphique évident. Et on pourrait encore parler de l'utilisation de la couleur, par grands à-plats, comme autant de cieux et de murailles, le fond blanc ne cédant sa place que pour mieux souligner le coup d'éclat du petit oiseau. 

 

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Et le texte n'est pas en reste, qui ne cache rien de la cruauté du monarque.

 

Alors Léon devint cruel.

Très cruel.

Plus il était méchant,

plus il était grand,

terriblement grand.

Debout sur son trône,

il changeait les lois suivant son humeur.

Les animaux commencèrent à avoir peur.

Un jour, il inventa une loi

qui interdisait aux oiseaux de voler.

Les parents étaient obligés de briser eux-mêmes

mes ailes de leurs petits à la naissance.

La révolte commença à gronder.

 

Le petit Guili est un album marquant et peut être abordé avec des enfants très jeunes. Le questionnement est amené de manière franche et la manière dont l'oisillon bouleverse le monde est franchement réjouissante.

 

Le petit Guili

Mario Ramos

Pastel / l'École des loisirs

mars 2013

 

Retrouvez cet album chez Carole

et dans la Mare aux mots.

Publié dans albums, Mario Ramos, Pastel

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au monde

Publié le par Za

pour Paolo,

pour Théodore,

 

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Le jeu des ressemblances au-dessus du berceau est un grand classique. Que n'avons-nous tous entendu ! Encore que, aux abords du couffin de Petitou, je n'ai jamais eu droit à "il ressemble à sa mère !" Non, la bestiole ne me ressemble en rien. Il est châtain clair, grand échalas tout en longueur, droitier, les yeux gris-bleu-vert. En cherchant bien, le nez, peut-être, ou vaguement une oreille. Ah si ! Il est bavard.

 

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Où en étais-je ? Ah oui... De ce moment inévitable, Rascal fait un album précieux, qu'on feuillette en souriant. Une galerie de portraits de famille où chacun s'approprie ce petit bout qui roupille tranquillou, loin de l'agitation des abeilles bourdonnantes. Tous les bébés se ressemblent. Non, il y en a des moches. Tous les enfants finissent par nous ressembler. La preuve : l'amour débordant de Petitou pour le vélo... À moins que ce ne soit nous qui finissions par leur ressembler à force de les vouloir nôtres.

 

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Où en étais-je ? Ah oui... Ce bel album cartonné est fait pour être manipulé par les plus dévastateurs d'entre les minuscules. Chaque double page offre le portrait d'un membre de la famille, au sens large. La moustache de Papy côtoie le profil du demi-frère, certains arborent des contours volontairement flous, d'autres un crayonné précis, agrandi au plus près. D'autres encore vous ont des airs d'estampes précieuses et fragiles bizarrement accrochées à ce carton épais.

 

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Et pendant ce temps-là, l'autre pionce, peinard, comme s'il savait que cette agitation ne sert à rien et finira bien par  s'éteindre.

 

au monde

Rascal

Pastel, l'École des Loisirs,

2012

 

Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.

Victor Hugo (Les feuilles d'automne)

Publié dans albums, Rascal, Pastel

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la princesse des neiges

Publié le par Za

Comme je suis une adepte du slow book et des bibliothèques, voici un album de 1997. C'est pas jeune, mais c'est pas vieux non plus, et puis je ne suis pas là que pour causer des nouveautés - sinon, je ne vous bassinerai pas avec Mervyn Peake et ce serait bien regrettable.

Donc, Stéphane Girel, encore.

 

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Un pur moment de poésie, à base de canaux pris dans les glaces, de bateliers. Pour avoir vécu quelques années à une poignée de mètres d'un canal avec péniches, pont en acier, brumes et tout et tout, pour avoir fait de longues promenades avec poussette sur des chemins de halage déserts, j'ai gardé le goût de cet univers particulier, lent, si lent.

 

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 À bord de la Toison  d'or, Abel se raconte des histoires en attendant le dégel, hisse les voiles au grand mât, à moins que ce ne soit la lessive sur le fil... Prisonnière de l'hiver, la princesse des glaces se languit. L'intrépide tueur de baleines lui raconte ses aventures dans les mers du Sud. Mais les glaces se retirent et la péniche doit poursuivre sa route, séparant Abel et Alys, la fille du pontier. Il reste pourtant la promesse de cinq graines de roses trémières...

 

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Le texte de Pascal Nottet insuffle - avec infiniment de douceur - le merveilleux et la grande aventure dans l'hiver languissant. Les dessins de Stéphane Girel sont fragiles et délicats. Un pur moment de poésie, vous dis-je.

 

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scritch scratch dip clapote !

Publié le par Za

Celui-là, on le lit, on le relit, on l'emprunte.

Et puis un jour, un chèque cadeau pour son anniversaire (merci Nounou!)

et hop !

on l'achète !

avec le réjouissant tome 7 de Petit Poilu (merci Nounou!)

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/61uk2tkxeiL._SS400_.jpg

 

scritch scratch dip clapote ! disais-je...

 Quel titre...

C'est le bruit qu'entend Jérôme, le petit grenouill.. grenouillou, grenouilleau ? Parce que non, ce n'est plus un tétard mais un vrai grand, avec un beau pyjama, un grand lit à lui, une jolie chambre, dans sa maison de famille grenouille. Et quelle maison ! Pour moi, qui, comme les Shadocks, crains le chaud, le froid, le sec et surtout l'humidité, cette maison est un véritable cauchemar, du genre villa les pieds dans l'eau.

 

 

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Alors, ce bruit, quand on a fait les câlins, les bisous rituels, qu'on a lu l'histoire bien calé contre le costume cravate de papa qui rentre du travail juste à temps, ce bruit, il est inquiétant, monstrueux, car c'est sûr, un monstre ! C'est forcément un monstre ! La maison de Jérôme, pleine de recoins obscurs, plongée dans la pénombre est inquiétante à souhaits, à moins que ce ne soit moi, en pleine crise d'identification... Parce qu'à la maison, la peur du noir est un thème qui ne touche pas vraiment le petit, plutôt la grande... Si Petitou aime tant ce livre, c'est, à mon avis pour les rituels du soir et le timing familial. Un câlin, encore un, on a pas fait le câlin... Ah, la mauvaise foi vespérale !

Reste la fin du livre, la résolution poétique et tendre du mystère "scritch scratch dip clapote".  Les dessins de Kitty Crowther, au crayon, sont très évocateurs, la fois naïfs et oniriques.

 

 

scritch-2014.jpg

 

Collection Pastel, de l'École des Loisirs

 

Voir ici l'avis de Mirontaine.

Publié dans albums, Kitty Crowther, Pastel

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(tri)cotte de mailles

Publié le par Za

Tout frais, tout chaud, à peine sorti et déjà chez Dame Za !!! Enfin, déjà à la tête du lit de Petitou... Qui a dit que cet enfant avait trop de livres ?
Allez, le dernier en date (d'hier): le "Chevalier Xavier" de Martine Bourre ( Éd. Pastel ).
 

Xavier est jardinier. Choux, poireaux, fèves et lentilles, c'est son rayon. La guerre éclate. Notre Xavier fait briller son armure... Un seul hic: son cheval ne veut pas y aller, à moins d'avoir, lui aussi, une côte de maille.

Et c'est là que j'ai commencé à me dire que cet album avait sa place chez moi. A la question du cheval qui demande à Xavier où il a bien pu acheter sa cotte de mailles, ce dernier répond tout simplement: "C'est Maman qui me l'a tricotée." Et voilà...

Le mouvement gagne les autres chevaux qui refusent de guerroyer sans une cotte de Dame Suzanne, jusqu'au  destrier du roi qui en désarçonne son auguste monture !  Leur revendication est simple: "Plus question de continuer la guerre dans ces conditions ! Nous voulons des cottes en plomb ! Avec des boulons ! Des caparaçons ! Avec des pompons !"  Dame Suzanne se met alors à l'ouvrage...

Les dessins sont beaux et drôles. Un bien joli moment, juste avant d'éteindre la lumière...  ( et de descendre regarder le match de Rugby, mais c'est une autre histoire...)

Bonne nuit, Petitou...

 

Publié dans albums, Martine Bourre, Pastel

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