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6 articles avec olivier tallec

bonne journée

Publié le par Za

C'est vraiment une bonne journée que celle qui commence ainsi...

bonne journée

Olivier Tallec avait déjà montré çà et là que le dessin d'humour n'avait aucun secret pour lui. Voici largement de quoi l'installer dans un genre pas si prisé en France, mais élevé au rang des beaux-arts par l'américain Gary Larson. Un seul dessin, fort peu de texte, quelques mots ou rien même.

bonne journée

L'absurde affleure, le moment n'a l'air de rien, le décalage fait la différence. Et la tendresse aussi. Des enfants sérieux - comme peut être sérieux un enfant qui joue, quelques pages préhistoriques, des super héros, et des animaux qui parlent. Beaucoup d'animaux qui parlent...

(Celui-là m'a fait mourir de rire.)

(Celui-là m'a fait mourir de rire.)

Un grand beau livre, tendre et désopilant, pour les grands qui ne connaîtraient pas encore Olivier Tallec. Parce que les petits, eux...

Olivier Tallec
Bonne journée
Rue de Sèvres
octobre 2014

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grand loup et petit loup

Publié le par Za

Voici un classique, un vrai, de ceux qu'on lit et relit, qui met tout le monde d'accord. Mais un classique vivant. Un bijou d'intelligence, de poésie. Ça ira pour la dithyrambe ou vous en voulez encore ? Parce que je peux encore fournir ! Et du pensé, du sincère, du pesé, soupesé, réfléchi, vécu.

 

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Auprès de son arbre, grand loup vivait heureux. Pas l'intention de s'en éloigner, de son arbre. Pour rencontrer grand loup, il faut venir à lui. Et c'est ce qui arrive. Un point bleu à l'horizon, un petit loup, un tout petit, tellement petit qu'on n'aurait pas besoin de lui parler. Un petit loup presque insignifiant. Mais pas tant que ça finalement, parce que le lien se crée et lorsque petit loup s'éloigne, il laisse un grand vide. Car tout était meilleur avec lui.

 

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Le texte de Nadine Brun-Cosme est toute en retenue, en mots de tous les jours, sans effets ni fioritures et il est parfait. Adoptant un bel unisson, Olivier Tallec l'accompagne d'images fortes et vivantes. Il y est question de regard et d'expression. Les sentiments de grand loup passent dans ses yeux, courent jusqu'au bout de son museau.

 

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Les couleurs suivent le cours des saisons, envoient du vert, du jaune, plantent le tronc de l'arbre en un rouge énergique. Le pinceau se mêle au crayon. Grand loup est un corps de traits mouvants, là où petit loup est un morceau de bleu compact et intense.

 

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De la sensibilité mais sans mièvrerie, de la douceur mais sans mollesse. On l'a relu l'autre soir, et la même émotion étreint toujours discrètement les dernières pages.

 

grand loup et petit loup

Nadine Brun-Cosme & Olivier Tallec

les albums du Père Castor

2005

 

Pépita nous parle ici de la trilogie Grand loup & petit loup...

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Jérôme par coeur

Publié le par Za

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Jérôme et Raphaël sont amis. Amis comme on peut l'être à sept ou huit ans, de ces amitiés fusionnelles, inconditionnelles, d'un seul bloc. J'ai lu ce livre à ma chère progéniture, une personne qui ne rigole pas avec l'amitié et la cultive avec sérieux et constance. "C'est comme des amoureux", m'a-t-il dit. Sans sourire, sans rougir, comme ça, un constat. Parce qu'il y a des fois où la frontière est ténue. Et ça  n'a pas d'importance.

 

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Jérôme et Raphaël s'aiment, et c'est tout.

 

Les jours de sortie au musée des tableaux,

c'est moi qu'il choisit pour être bien en rang.


C'est pour ça que je l'aime, Jérôme.

 

Ça ne me dérange pas.

Raphaël aime Jérôme,

je le dis. Très facile.

 

Très facile, en effet. Surtout si personne ne s'en mêle.  Jérôme ne joue pas au foot, ne se bagarre pas toujours, et alors ? Il invente des histoires et même si les parents de Raphaël ne sont pas fous d'enthousiasme, c'est certain, pour les deux garçons, tout est possible, de l'Himalaya aux plus audacieux prototypes !

 

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Dans cet album encore, le trait sensible d'Olivier Tallec casse la baraque et regarde le texte de Thomas Scotto avec toute l'attention qu'il mérite. Que de délicatesse, que d'émotion ! Les dessins gagnent parfois la page de gauche lorsqu'il est question de fou rire ou de questionnement. Les émotions débordent.

Alors peu importe à la fin de quel amour il s'agit, je ne suis pas sûre qu'à cet âge, il y en ait vraiment plusieurs. Et puis mettez ce que vous voulez dans cet album, tant que vous ne lui enlevez pas sa cargaison de tendresse, de fraicheur, de rêve, de sentiment simples et nobles.

 

J'aime beaucoup la lecture qu'en fait Jean, le cuistot interstellaire.

 

Jérôme par coeur

Thomas Scotto & Olivier Tallec

Actes Sud Junior, 2009


 


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la croûte

Publié le par Za

C'est rien, mon petit homme, tu es si beau qu'il ne peut rien t'arriver de moche.

 

En matière d'illustration, il y a émotion et émotion.

Je dis en matière d'illustration, mais ça peut marcher aussi avec les mots, les gens. Tant que ça marche sur la pointe des pieds, moi, je prends. Je suis du côté de l'émotion qui n'a l'air de rien, qui s'exprime de pas grand chose, qui se dit sans mots. Enfin, qui se dit sans mots, n'exagérons pas. Alors sortez vos mouchoirs. Mais s'il vous plaît, des mouchoirs de toile fine, de ceux dans lesquels on hésite à se moucher. Surtout lorsqu'ils sont brodés par Olivier Tallec.

9782081208551.jpg         Vous avez déjà pleuré, vous, debout dans un coin de bibliothèque ? Mais municipale, la bibliothèque, publique. Pas la vôtre chez vous, ouske personne ne vous voit. Ce petit bonhomme m'avait accroché l'oeil. C'était juste avant qu'il ne me fende le coeur. Sa maman vient de mourir. Rien que ça. Quand on est mère de petit bonhomme soi-même, l'idée est tout simplement insupportable. Le texte de Charlotte Moundlic est juste, sans fioritures, au plus près de la parole de l'enfant, sans pour autant sacrifier l'élégance du texte écrit, mais vraiment écrit.

La croûte, c'est la blessure, quelle qu'elle soit. Celle qu'on cultive pour se sentir vivant. Mais celle qui finira bien par cicatriser. Elle fera moins mal, mais elle laissera une trace. Pas de pathos ici, oh non. Tout est dit sur la couverture. Le petit regard perdu, les guiboles fragiles des petites personnes, si vulnérables qu'elles semblent perdues sur le plus quotidien des canapés.

 

Maman est morte depuis plusieurs nuits,  je n'ai plus envie de dormir, j'ai un peu mal au ventre et je n'arrive pas à m'occuper de papa.

J'essaie de ne pas oublier l'odeur de maman mais elle s'en va, je ferme toutes les fenêtres pour ne pas qu'elle s'échappe et papa me gronde parce que c'est l'été, parce qu'il fait trop chaud et parce qu'il ne sait plus trop comment me parler.

Je vois bien que ça lui fait mal de me regarder à cause de mes deux-yeux-de-ma-mère.

Je ne lui ai pas expliqué que c'était pour continuer à respirer maman, dès que je dis "maman", il pleure.

Comme adulte, il n'est pas facile.


L'intensité des rouges d'Olivier Tallec contraste avec la fragilité du dessin. La légèreté du petit bonhomme, le soin apporté aux détails apportent un contrepoint salutaire à la tristesse ambiante. Le texte est envahi de grands aplats - le canapé, la maison, l'escalier, la table, le mur de la chambre.

 

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J'aime cette image où chacun est absent à l'autre. Le père, devant le frigo, semble enfermé dans un bocal. La table au premier plan nous plante dans le rouge, à l'ombre d'un bouquet squelettique.

 

Une des rares incursions de la couleur accompagne l'écorchure.

 

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Ailleurs, l'illustration se fait discrète, vignettes crayonnées, mouvement, sentiment.

 

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Rarement un album m'aura émue à ce point. Rarement sujet aussi casse-gueule aura été traité avec tant de délicatesse.

 

La croûte

Charlotte Moundlic

Olivier Tallec

Les albums du Père Castor

mars 2009

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charlepogne & poilenfrac

Publié le par Za

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Les deux rois et les quatre chevaliers se grattèrent le menton, la joue et le haut du crâne. Mais rien à faire.

Aucune idée ne pointait son nez.

" Qu'allons-nous devenir ? gémit Charlepogne. Si nous sommes incapables de faire la guerre, personne ne se souviendra de nous ! Les artistes lèguent des oeuvres inoubliables, les savants produisent des inventions qui changent la vie de tous les jours, mais les rois, à quoi servent-ils s'ils ne laissent même pas le souvenir de leurs guerres ? "

Poilenfrac acquiesça:

"Un roi sans guerre, ce n'est plus un roi."


 

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Car voilà bien tout le dilemme de ces deux rois d'opérette dont les redoutables armées, comptant chacune deux chevaliers, n'arrivent pas à bout d'un conflit sanglant et viril où, pour tout arranger, un cheval sème la pagaille en... miaulant !

 

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Ça boude, ça rigole, ça s'ennuie ferme entre deux échauffourées. Les deux enfants gâtés couronnés viendront-ils à bout de ce cas de conscience proprement historique ?

 

Le texte de Roland Fuentès est drôle et brillant. Tout le monde y trouve son compte. Le petit, ravi devant les aventures foutraques de ces chevaliers désastreux. La grande, enfin moi (je précise à cause de l'adjectif), car voilà un album foutrement bien écrit, ce qui ne se rencontre pas tous les quatre matins et qui me rappelle que dans littérature de jeunesse, il y a littérature. Le dessin d'Olivier Tallec, à mi-chemin entre geste médiévale et joyeux carnaval, apporte sa simplicité et sa clarté à l'histoire. Les bleus contre les oranges, car finalement, seule la couleur sépare des belligérants semblables, pour ne pas dire parallèles.
 

 

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À redécouvrir d'urgence !

 

Roland Fuentès et Olivier Tallec

éditions Le Baron perché, 2007



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grand loup et petit loup / la petite feuille qui ne tombait pas

Publié le par Za

Quand je pense que j'ai attendu aujourd'hui pour me pencher sur le travail d'Olivier Tallec... Surtout depuis que Petitou m'a regardée avec un soupçon de commisération : "Rita et Machin ? Ben oui, c'est la dernière page de Pomme d'Api ! " Et de se radiner les bras chargés du dit magazine : "T'en veux d'autres ?" Non, ça ira, merci...

 

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Olivier Tallec, c'est aussi Grand Loup et Petit Loup.

 

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Un grand échalas noir, tout de crayon, parfois juste esquissé, comme une virgule, et un petit mignon bleu, avec leurs interminables museaux. 

 

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Dans "la Petite feuille qui ne tombait pas", nos deux compères accompagnent un arbre du printemps à l'été car Petit loup convoite une jolie feuille, tout là-haut, hors d'atteinte. Mais si jolie, la feuille,  si verte, d'un vert changeant, tendre et sombre, puis d'un brun si attirant lorsqu'arrive l'automne. Mais l'hiver... À partir de cet instant du récit, Petitou craque et me réclame le même bonnet que Petit Loup.

 

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Et cette feuille, alors ? Grand loup ira-t-il la lui décrocher, comme on décroche la lune ? Cela vaut-il la peine, pour une si petite feuille ? Cela vaut-il la peine d'attendre ? Un beau moment de suspens clôt cette émouvante histoire, soutenue par le texte impeccable de Nadine Brun-Cosme, à l'unisson de la tendresse du dessin.

 

grand loup et petit loup

La feuille qui ne tombait pas

Nadine Brun-Cosme & Olivier Tallec

les albums du Père Castor

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