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190 articles avec albums

olivia reine des princesses

Publié le par Za

Le Cabas a ses amis : des dragons, des monstres et... Olivia ! Chacune de ses visites est une vraie fête. Voici donc le nouvel opus de ses aventures tonitruantes :

 

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Cet album a le grand, l'inestimable mérite de poser une question de société cruciale s'il en est, et que doivent se poser tous les parents de progéniture femelle, tous les éducateurs en général : lorsqu'on est une fille, y a-t-il une alternative à princesse ?

La princesse de contes est devenue une engeance endémique qui vise à l'anéantissement des autres aspirations féminines, j'ai nommé la secrétaire, la mère de famille, la maîtresse d'école et la bergère*. Et je ne vous parle pas de la policière, la pompière, l'ingénieure, la conductrice de travaux et la présidente de la République, toutes réduites à néant par tant d'ambitions guimauvesques.

Mais autant vous le dire, le syndrome de la princesse ne passera pas par Olivia ! **

 

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Une fois encore, Ian Falconer met en scène la demoiselle truie dans une période d'interrogation et de revendication. Et c'est peu dire que ses dessins traduisent parfaitement le caractère passionné et pour le moins entier de la ravissante...

 

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L'enchaînement des scènes, porté par le discours insatiable de l'héroïne, est tout simplement désopilant. Les allusions à Martha Graham raviront les amateurs de danse, domaine dans lequel Olivia excelle depuis toujours. 

 

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Il faut lire et relire Olivia - on rit autant à la relecture, faites-moi confiance !  Et il faut faire découvrir Olivia à ceux qui ne la connaîtraient pas encore. Car elle est unique dans le monde des albums et, de ce fait, parfaitement indispensable !

 

 

*Ne riez pas, quand j'étais petite, je voulais être bergère, et j'ai fini maîtresse d'école. Ce qui n'est pas très différent tout compte fait.

** À l'occasion, je me disais que ce serait rendre un fier service à nos garçons que de tordre une bonne fois pour toutes le cou au mythe du prince charmant, cette abomination !


Ian Falconer

Olivia, reine des princesses

Seuil Jeunesse, 2012

D'autres aventures d'Olivia...

 

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la route de Bethléem

Publié le par Za

La principale vertu des blogs est de pouvoir donner son avis alors même que personne ne vous a rien demandé. Alors Noël.

Voilà, nous y sommes.

Les deux pieds, les deux mains dedans, jusqu'au cou.

Dans la guirlande lumineuse jusqu'à l'écoeurement. À ce propos, je propose qu'on livre à la vindicte publique celui ou celle qui a lancé la mode des décorations de maisons qui débordent sur les façades, imposant à tous le mauvais goût de chacun, dans une surenchère délicieuse.

Sans parler de la culpabilisation généralisée qui veut qu'on passe Noël en famille, et qui rend toute personne solitaire plus misérable encore. Je suis seul le 22, je suis seul le 23, je suis seul et malheureux le 24 et le 25, je suis seul le 26, je suis seul le 27...

Mais pour autant, je ne me priverais pas du gros barbu en rouge, ni de la joyeuse excitation qui gagne la progéniture à l'évocation de ces quelques jours à venir.  Car tout cela est largement coupé des racines religieuses de la fête, elles-mêmes honteusement pompées sur des réjouissances païennes et saisonnières. Je dis ça à l'intention de ceux  pour qui le chic du chic de la laïcité bêtasse consiste à voir dans le Père Noël un suppôt de la papauté.  Sur les origines de la fête de Noël et de ses avatars, voir l'article de Carole

Alors, j'ai beau être d'un rationalisme exacerbé, je n'en ai pas moins été émue par ce très bel album, que j'ai lu comme un conte, une belle histoire, l'arrivée au monde d'un minot privé de tout, un enfant de pauvres.

 

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Cette histoire est archi-connue, pire que le Petit Chaperon Rouge, c'est dire ! Les personnages sont archétypaux en diable, enfin, en diable... Et puis les animaux, un âne, un boeuf, des moutons, un genre agricole des plus communs.

Ce qui fait tout le charme de La route de Bethléem, c'est son inscription dans un quotidien saupoudré de poésie simple, où l'agneau et la sauterelle  trouvent leur place au côté des mirifiques Rois Mages. J'ai toujours eu un faible pour ces trois-là, qui arrivent en retard, excusés par l'étrangeté de leur apparition, leur caravane étonnante, leurs étranges cadeaux - peu appropriés pour un enfant de cet âge, vous l'avouerez.

 

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Et puis il y a les anges, inévitable feu d'artifice final, qui tournoient dans le ciel, en y laissant des plumes au passage.

 

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Les dessins de Peter Malone, naïfs mais rigoureux, ne tombent à aucun moment dans l'image pieuse. Ils lorgnent plutôt vers l'enluminure, avec des bleus profonds, des perspectives un rien médiévales.

 

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Qu'on soit croyant ou pas, cette évocation de la Nativité, au plus près de l'humain et de la nature, apportera un instant d'émerveillement. Parce que si l'on ne s'émerveille pas un chouïa à Noël, à l'image du Ravi, ce personnage de la crèche provençale qui ne voit que la beauté du monde, ce n'est pas la peine.

 

Nous sommes les bergers.

La tente céleste s'agite, les os de la terre tremblent.

des cailloux brillants rebondissent et crissent sous nos pieds.

Petit Jésus, nous t'offrons une peau de mouton, un fromage de brebis et une feuille de palmier. c'est tout ce que nous possédons.

Nous  ne sommes que de simples bergers, ni riches ni sages comme les rois mages.

 


La route de Bethléem

Kevin Crossley-Holland & Peter Malone

Gautier-Languereau, 2004

 

Au fait, pour Noël, offrez des livres !

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lulu vroumette

Publié le par Za

Revenons aux sources. Relisons la première aventure de notre épatante tortue, la seule, l'unique : Lulu Vroumette !

 

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Une rude journée d'école, une course avec son meilleur ennemi le lièvre Rien-ne-sert, la chaleur d'un après-midi d'été, un cartable qui pèse une tonne, et voilà Lulu qui tombe la carapace pour se baigner. Mais la carapace disparaît... Pauvre tortue toute nue !

 

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Ce premier album contient tous les autres déjà : la vitalité des personnages, les couleurs, la bouille irrésistible de Lulu... Au fil des albums, le trait de Frédéric Pillot devient plus précis, plus nerveux, mais ce livre est déjà terriblement attachant.

 

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À cette époque, Daniel Picouly n'avait pas encore adopté la rime envahissante des autres histoires de Lulu et son texte était aussi léger et aérien qu'une aigrette de pissenlit...

Un album à redécouvrir d'urgence !

 

Lulu Vroumette

Daniel Picouly & Frédéric Pillot

Magnard, 2002

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l'étrange réveillon

Publié le par Za

Il y a les albums qu'on attend et les autres.

Celui-là, je l'attendais.

Et de pied ferme.

 

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Arthur est orphelin. Un vrai orphelin, avec des parents vraiment morts, un manoir et des serviteurs pas du tout inquiétants, mais non... Tous identiques les domestiques, à moins que ce ne soit le même qui bouge très vite, je me suis un moment posé la question. Comme une joie n'arrive jamais seule, voilà que se pointe Noël, la jolie fête qu'attendent en trépignant toutes les âmes esseulées. Mais Arthur veut un réveillon. Avec des invités. Et quels plus joyeux convives que les morts ?

 

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Ce qui, chez d'autres, pourrait donner lieu à de larmoyantes mélopées, à de déchirants lamentos devient, sous la plume de Bertrand Santini, une danse macabre malicieuse.

 

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Point de tristesse dans ce réveillon. Ni dans le texte ni dans les images réjouissantes de Lionel Richerand. Rien de glaçant, de triste. Au contraire. Arthur pose un regard candide sur la mort, un regard confiant où jamais ne passe l'ombre de la moindre inquiétude. La mort et la vie à égalité, dans les souliers, sous le sapin.

On aurait évidemment envie de convoquer l'ombre de Tim Burton, tant il semble que les univers crépusculaires lui soient désormais dévolus - et les invités au banquet rappellent les personnages des Noces funèbres. Ceci dit, j'ajouterai bien un cousinage avec le Petit vampire de Joan Sfar et son ami Marcel, rejetons de parents morts-vivants ou morts-morts, sans parler de ce chat désopilant, lointain parent du chien Fantomate...

 

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Mais ce serait réduire l'Étrange réveillon à un rôle d'album sous influence alors qu'il est bien plus que cela. L'objet d'abord, format à l'italienne, belle couverture noire, titre argenté : la classe, quoi. Puis les images de Lionel Richerand, foisonnantes, jamais effrayantes. La couleur se fait discrète, sourde, juste ce qu'il faut pour souligner l'étrangeté d'un visage, l'incongruité d'un costume. Il faut vraiment prendre le temps d'explorer chaque page, d'y dénicher un détail saugrenu, un regard singulier, un clin d'oeil inattendu. Et puis écouter les mots de Bertrand Santini, l'auteur du Yark, qui nous embarquent loin, loin dans une histoire étonnante, tendrement déjantée, doucement loufdingue, où la mort, la vie se mêlent pour finir par se confondre, tout naturellement.

 

La compagnie des vivants m'attriste et m'accable...

Et pour célébrer Noël,

Je souhaite cette année,

Accueillir des Morts à ma table.

 

Mais les Morts étant morts,

Balbutia le valet,

Ils sont tout à fait injoignables !

 

On peut être mort

Sans avoir disparu !

Répliqua l'enfant

D'une voix douce et morose.

 

Je ne vous dévoilerai pas la fin de l'histoire. Je me la garde. Et je vais la relire, histoire de pouvoir, une fois de plus, refermer ce livre en souriant, attendrie par ce dénouement qui ne dit rien de la Mort,

                     Ni de la vie...

                     Mais quelle importance ?

 

L'étrange réveillon

Bertrand Santini & Lionel Richerand

Grasset Jeunesse

octobre 2012

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Jérôme par coeur

Publié le par Za

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Jérôme et Raphaël sont amis. Amis comme on peut l'être à sept ou huit ans, de ces amitiés fusionnelles, inconditionnelles, d'un seul bloc. J'ai lu ce livre à ma chère progéniture, une personne qui ne rigole pas avec l'amitié et la cultive avec sérieux et constance. "C'est comme des amoureux", m'a-t-il dit. Sans sourire, sans rougir, comme ça, un constat. Parce qu'il y a des fois où la frontière est ténue. Et ça  n'a pas d'importance.

 

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Jérôme et Raphaël s'aiment, et c'est tout.

 

Les jours de sortie au musée des tableaux,

c'est moi qu'il choisit pour être bien en rang.


C'est pour ça que je l'aime, Jérôme.

 

Ça ne me dérange pas.

Raphaël aime Jérôme,

je le dis. Très facile.

 

Très facile, en effet. Surtout si personne ne s'en mêle.  Jérôme ne joue pas au foot, ne se bagarre pas toujours, et alors ? Il invente des histoires et même si les parents de Raphaël ne sont pas fous d'enthousiasme, c'est certain, pour les deux garçons, tout est possible, de l'Himalaya aux plus audacieux prototypes !

 

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Dans cet album encore, le trait sensible d'Olivier Tallec casse la baraque et regarde le texte de Thomas Scotto avec toute l'attention qu'il mérite. Que de délicatesse, que d'émotion ! Les dessins gagnent parfois la page de gauche lorsqu'il est question de fou rire ou de questionnement. Les émotions débordent.

Alors peu importe à la fin de quel amour il s'agit, je ne suis pas sûre qu'à cet âge, il y en ait vraiment plusieurs. Et puis mettez ce que vous voulez dans cet album, tant que vous ne lui enlevez pas sa cargaison de tendresse, de fraicheur, de rêve, de sentiment simples et nobles.

 

J'aime beaucoup la lecture qu'en fait Jean, le cuistot interstellaire.

 

Jérôme par coeur

Thomas Scotto & Olivier Tallec

Actes Sud Junior, 2009


 


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1 2 3 l'effroi

Publié le par Za

1, 2, 3

nous irons au bois...

 

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éprouver un terrible effroi

et compter sur le bout des doigts

d'une main dépourvue de bras !

 

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Résonnez chaînes, sonnez crécelles, grincez molaires ! Voici un album qu'on ne feuillette pas, un album qu'on ne lit pas, qu'on n'admire pas. Non, voici un album dans lequel on se vautre avec délectation ! À peine remis de l'ABC de la trouille, il nous faut affronter aujourd'hui la noirceur jubilatoire d'123 l'effroi. Ah, les visions ricanantes de monsieur Albert Lemant et leur terrifiante précision, l'affreuse vitalité du trait ! Car c'est bien là le paradoxe de ce livre : ces images pour le moins... mortelles débordent de vie ! Les nombres éructent, grincent, gueulent, se marrent et tout cela est terriblement communicatif.

 

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123 l'effroi est une danse macabre comme on n'en a pas guinchée depuis longtemps, un bestiaire nocturne où valsent rats, chouettes, tarentules et chats noirs, et qui finit pourtant par être rattrapé par l'Histoire. Et le rire se fige lorsqu'en tournant la page, on finit  par croiser un casque à pointe, des barbelés.

 

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Quatorze casques à pointes,

bientôt dix-huit, se pointèrent

Tranchant dans les tranchées,

arrachant les artères.

 

Comme vous le voyez, le texte n'est pas en reste. Il lui fallait être sacrément gaillard pour tenir tête au charivari gravé alentour. Mais c'est sans compter avec l'habileté d'Albert Lemant à jouer des sonorités, à se jouer du sens, jusqu'au jeu de mot final qui vous laisse refermer l'album sur un éclat de rire.

 

Vous l'aurez compris, cet album ne cesse de me réjouir, j'y reviens régulièrement pour m'y étonner, y piquer une ombre, un détail. Pour finir, et parce qu'on est dans le Cabas, permettez que je vous laisse en dragonnement bonne compagnie...

 

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1 2 3 l'effroi

Albert Lemant

l'Atelier du poisson soluble

octobre 2012

 

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charles prisonnier du cyclope

Publié le par Za

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  janvier 2011                                                    octobre 2012

 

Deux ans ! Au bout de deux ans, on avait le droit de se penser à l'abri du dragonnet aux dreadlocks bleues. Eh bien non ! Voilà que le pendable duo Alex Cousseau-Philippe-Henri Turin nous refait le coup du gentil-mignon-dragon-esseulé ! Sans doute comptent-ils émouvoir les mères de familles qui ne manqueront pas d'acheter innocemment cet album - fort onéreux au demeurant. Et qu'auront-elle offert à leurs petits, les malheureuses ? Un recueil d'illustrations mégalomanes ! En effet, qu'a-t-on besoin de farcir un dessin de milliers de fleurs, là où d'autres ont brillamment démontré que trois gommettes suffisaient ? Et que dire du traumatisme que pourrait provoquer la vision atroce d'une cruelle scène de chasse où de pauvres oiseaux se font dévorer vivants par une bête sauvage qui n'a plus rien, finalement, de l'innocente bestiole du premier tome !

 

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Je vous passe les désagréments dus à certaines images que je n'ai pu examiner qu'armée de solides lunettes de soleil... Monsieur Turin pense-t-il résoudre la crise énergétique par de tels moyens ?

 

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Et cet oeil, qui saute sur le lecteur à peine a-t-il ouvert l'album... On est comme ça, chez les Cousseau-Turin, sachez-le, on hypnotise, on envoûte. C'est malhonnête.

 

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aie confiance... lis-moi...

 

Quand au texte, il est farci de mots étrangers (ciao, iglou), incompréhensibles (balbuzard, troglodytes), voire imprononçables (Polyphème)... Monsieur Cousseau, écrivain par ailleurs remarquable, ne manque pas une occasion de nous asséner des vers de mirlitons à la rime riche mais facile (faim/puffin), car le dragon est toujours poète ! Poète... Qui est encore poète de nos jours ?

 

Je ne m'étendrai pas sur le sujet mille fois rebattu de l'amitié entre les peuples, enfin entre les espèces, alors qu'on ignore ici d'autres thèmes infiniment plus formateurs pour la jeunesse, comme l'acquisition de la propreté (car ce dragon fait bien caca, non?), ou l'arrivée d'une atroce petite soeur !

 

- [...] et j'ai entendu dire que tu cherchais des amis...

- Oui, répondit Charles. Mais des amis pour la vie.   Combien de temps vis-tu coccinelle ? Un an ou deux ? Alors sache que moi, dragon, je vis plusieurs siècles.

- Un an ou deux d'amitié, c'est toujours mieux que rien. [...]

- Et une éternité à te regretter c'est beaucoup, ajoute Charles. Il y a longtemps, une mouche m'a appris à voler. Aujourd'hui, elle n'est plus que poussière.

Mais qu'est-ce que c'est que cette conception rentabiliste de l'amitié ? Si on suit cette logique, plus moyen de sympathiser avec une personne âgée !

 

D'autres choses encore ne manqueront pas de choquer les pédagogues soucieux de la sérénité des jeunes générations. La solitude de Charles... Oui, Charles est seul. Il a abandonné ses parents. Ou la réalité, que l'on nous cache, est encore plus atroce : ses géniteurs l'ont abandonné ! Ah, les Thénardiers ! Des parents indignes qui ont laissé leur progéniture voler vers des horizons peut-être plein de promesses mais plus sûrement plein de dangers ! Le voici en butte à la violence d'un inuit atrabilaire ! Plus loin, c'est un cyclope velu de la pire espèce qui s'en prend à lui ! Parlons-en du cyclope, alibi littéraire, pauvre vernis antique... Entièrement nu, exhibant une pilosité à même de troubler des générations de jeunes esprits à la libido naissante. Quand je dis entièrement nu, j'exagère un peu, la présence salvatrice d'un boqueteau ou d'un rocher opportun nous sauvant in extremis de la catastrophe.

 

Que vous dire d'autre, sinon que cet album est démesuré, trop généreux, trop grand. Trop grand pour des petits bras qui pourront à peine le tenir ouvert, pour des petits yeux qui pourront à peine embrasser certaines images, au risque de s'y perdre. Et ce n'est pas l'expertise de Monsieur Turin dès qu'il est question d'anatomie dragonnière qui nous fera oublier les outrances de ce livre en matière de couleur, mouvement, lumière et autre construction de l'image !

 

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Il n'y a qu'à voir le crayonné préparatoire de ce dessin... D'où le dessinateur tient-il qu'il faille en faire autant, qu'il faille être aussi exigeant pour un ouvrage destiné, j'ose à peine le dire... à des enfants ! Quel gâchis! 

 

En conclusion je suis navrée à l'idée que cet album, outre le fait d'encombrer les bibliothèques, aille considérablement enrichir le compte en banque de ses auteurs, dont la malhonnêteté n'a d'égal que la folie des grandeurs !  

 

Charles prisonnier du cyclope
(28,5 x 40 cm !)

Alex Cousseau & Philippe-Henri Turin

Seuil Jeunesse

septembre 2012

 

 

 

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la java martienne

Publié le par Za

Blanc et noir, rouge et bleu, c'est la java !

Si les Terriennes vous ont déçu,

quoi de mieux qu'une belle martienne ?

Ventouses, tentacules, trois yeux langoureux...

L'amour attend sur Mars !

 

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Mirjana Farkas a illustré cette chanson de Boris Vian, drôle, foutraque, brillante et désopilante. La joyeuse simplicité des dessins - mais quelle classe ! - redonne un coup de jeune à cette histoire d'amour mise en musique par Alain Goraguer en 1955... Fantaisie débridé, mouvement permanent, sourires délicieux, tout concourt à faire de cet album une parfaite entrée en matière dans l'univers de Boris Vian. Ceux qui, comme moi, on fait de cet écrivain un compagnon de voyage, ne seront pas dépaysés par l'univers de Mirjana Farkas.

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L'amour, c'est tourneboulant et toujours un peu ridicule,

mais c'est ça qui est bien, non ?

 

C'est la java martienne

La java des amoureux

Toutes tes mains dans les miennes

Je revois tes trois grands yeux

[...]

Ton nom me hantera sans cesse

Pendant les longues nuits d'été

Ton nom doux comme une caresse

Porfichtoumikdabicroûté


La java martienne

Boris Vian & Mirjana Farkas

L'atelier du poisson soluble

octobre 2012

 

 


 

Dans la série des chansons albumisées, j'avais déjà dit tout le bien que je pensais de Comment vous saviez pas ?

Si je savais dessiner, mais vraiment dessiner...

J'illustrerais celle-ci

 

 

Le texte, signé François Morel, est assez parfait dans son genre...

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monsieur licorne

Publié le par Za

Ah, les bestioles de Nicolas Gouny !

Toujours à la limite du pas possible, en équilibre précaire au bord du bizarre, le regard aux aguets mais l'air de pas y toucher quand même.

 

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Des licornes, on en a croisé des bataillons dans les contes, les romans, sur les tapisseries même ! Elle sont généralement élégantes et fine, un peu hautaines aussi. Des comme ça, moi, je n'en connaissais pas. Mais à force d'être unique, c'est des coups à se retrouver seul, à la fin.

 

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Armé d'une fleur qui a tout d'une baguette magique, le voici débarquant sur Terre à la recherche de... À la recherche de quoi, d'ailleurs ? De la même chose que chacun d'entre nous. Enfin vous, je ne sais pas... La musique qui fait danser, le bonheur, mais surtout quelqu'un avec qui partager tout ça.  Il ne cherche pas son semblable, non, il cherche quelqu'un d'autre.

 

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Il y a de la grâce dans le texte de Marie-Franche Chevron, dans l'élégance de ne pas s'apesantir sur les sentiments qui, du coup, rebondissent comme Monsieur Licorne, d'un continent à l'autre. De temps en temps, une phrase fait mouche et on se la répète comme un précieux viatique...

Le bonheur ne se fabrique pas, cher Monsieur, il se cueille.

Ou plus loin...

Pour trouver, cher Monsieur, il est parfois nécessaire d'arrêter de chercher.

Vous vous doutez bien qu'armé de tels conseils, Monsieur Licorne finira par trouver... une vraie fin de conte !

Et pendant ce temps, dans un coin, profitant de ce qu'on ne s'occupait pas d'eux, des animaux ont gagné joyeusement les frontières de l'abstraction..

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Visez un peu l'oiseau qui tient quasiment autant

du poisson plat que de l'abeille...

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Et là, dans le coin, ce ne serait comme un hommage discret mais visible à ce cher Pomelo ?

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Un petit bémol de rien mais qui ne tient ni à l'auteure ni à l'illustrateur : cet album est trop petit ! Les couleurs de Nicolas Gouny auraient mérité quelques centimètres de plus !

 

Et ce petit bijou de rejoindre direct l'étagère de mes préssssieux !

 

Monsieur Licorne

Marie-France Chevron & Nicolas Gouny

éditions Chocolat ! jeunesse

septembre 2012

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quelques minutes de pub éhontée

Publié le par Za

Pare che ci sia ancora gente

che non conosce quest' albo.
Non oso crederlo!

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Οι άνθρωποι δεν γνωρίζουν  

Ο Κάρολος στο σχολείο των δράκων !

αδύνατος !
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Ich habe gehört, dass es noch Leute gibt,

die dieses Buch nicht kennen.

Ich kann es kaum glauben!

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Parece que existem pessoas

quem nao conhecem este livro.

Noa ouso acredita-lo.
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Enfin, tout ça pour vous dire que si vous avez loupé le premier,

vous pouvez vous rattrapper et courir l'acheter,

chez un libraire évidemment,

la tête couverte de cendres pour expier votre regrettable erreur.

Après quoi, il ne vous restera qu'à faire l'acquisition du deuxième tome

qui sort aujourd'hui !

 

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Et si vous habitez dans les parages de Hyères,

   y a dédicace à la Soupe de l'Espace !

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Merci à Aurélie F, Aurélie E, Vincent et mon ami Reverso pour la traduction...

Publié dans albums, Charles, Seuil Jeunesse

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