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on peut compter sur Charles !

Publié le par Za

On l'a lu, relu, re-relu, mais pas épuisé, oh non ! On le connaît par coeur même, ce Charles! Et le revoilà, le dragonnet maigrichon qui nous fait un clin d'oeil avec ce clac book, évidemment signé Philippe-Henri Turin, youpi !

 

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"Mais kézako, un clac book ?" t'entends-je demander, lecteur adoré. Eh bien, c'est un peu comme si Charles se mettait à l'accordéon, quoique ses bras un tantinet courts ne lui permettraient que très difficilement cette activité... Maintenant que j'y songe, pour le violon aussi, c'est râpé. Il peut toujours chanter, me direz-vous. À force de le fréquenter, j'en suis  d'ailleurs venue à me demander quel genre de voix il pouvait bien avoir. C'est comme lorsque je me suis entendue dire : "Mais quelle taille il fait, en vrai ?" En vrai... Eh bien oui, je vous dois la vérité : j'ai adopté un dragon !

 

Bref. Un clac book est un double accordéon en carton qui se déplie en faisant clac ! D'où son nom.  En fait, il fait plutôt skroutch ! Mais skroutch book, c'est tout de suite moins vendeur, vous l'admettrez. Tout le monde suit  ? Je n'ai perdu personne en route ? Et nous voici, côté pile, devant une galerie de portraits de Charles comptant tout ce qui lui tombe sous la patte, y compris ses copains de l'école des dragons, que vous reconnaîtrez sans peine, n'est-pas ? Cet exercice réjouissant nous laisse découvrir les grands talents de comédien du dragonnet.

 

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  - Pourquoi on ne voit que les nombres pairs ?

- C'est fait exprès.

 

Charles n'est pas à proprement parler mignon, ce qui est reposant, je l'avoue. Il n'a rien de ces personnages lisses de certains livres pour enfants, il est griffu, couvert d'écailles et son cou maigrelet plisse lorsqu'il tourne la tête - j'adore ce détail. Et ses dents ! Ne loupez pas son sourire carnassier, un sourire dont je n'approcherais pas la main...

 

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- Et pourquoi elle est si riquiqui cette photo ?

- Parce que. C'est fait exprès.

 

Voudrait-on lui faire un câlin qu'on se retrouverait empêtré dans ses ailes interminables. Encore que... Lui faire un câlin... Car Charles a beau être devenu, vous l'aurez compris, mon nouvel ami, il conserve ce je ne sais quoi de sauvage qui fait qu'on ne sait jamais s'il va vous faire une affectueuse léchouille ou vous croquer la joue. Il est définitivement à part, unique.

 

Compter, donc, puisque c'est le sujet du jour. Eh bien, ça peut être coton. Parce que notre Charles a certes deux grands pieds, deux ailes majestueuses, je ne vous apprends rien j'espère, un long nez, deux beaux yeux, il a quatre doigts à chaque main, ce qui vous l'avouerez, n'est pas aisé pour aller jusqu'à 10. Il pourrait compter en base huit, m'a-t-on fait remarquer. Ceux qui me connaissent bien imaginent aisément que cette idée ne m'aurait jamais effleuré l'esprit...

 

Côté face, un dessin unique, somptueux et plein d'humour où l'on retrouve tous les éléments du recto, en situation dans un paysage vallonné propre à donner le rhume des foins à bien des dragonnets ! Je vous épargnerai le couplet pédagogico-gnan gnan sur l'apprentissage du dénombrement, car il ne s'agit ici pour nous que du plaisir de retrouver le talent de Philippe-Henri Turin, dragonnier en chef !

 

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  - C'est quoi, cette photo ? On ne voit rien !

- Et dedans, c'est quoi, des écailles ?

- Elle est nulle !

- C'est fait exprès ! Bon allez, j'appelle mon fidèle assistant et je vous en refais une autre.

Mais c'est bien parce que c'est vous...

 

lire---relire-4430_edited.jpg- Ben, c'est pas beaucoup mieux...

- Jamais contents ! Et puis...

- Oui ! C'est fait exprès, on a compris !


Un bel objet destiné aux plus petits qui vont se régaler à chercher les coccinelles, aux membres du fan club de Charles, à Petitou, fin connaisseur du sujet qui me fait remarquer que Charles à un peu les mêmes dents que Pangbotchi , non ? avant de prendre le livre dans ses bras et de s'assurer qu'il sera bien rangé dans sa chambre et pas ailleurs...

 

- Mais c'était quoi ces photos à la fin ?

- Je me tue à vous dire que c'est fait exprès !

Si vous voulez en voir davantage, rendez vous chez votre libraire et achetez le livre.

Un point c'est tout.

Comment j'avais dit, la dernière fois ?

Ah oui !

C'est un ordre.

 

 

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c'est un livre

Publié le par Za

J'ai trouvé ce petit film sur l'incontournable blog de la librairie La Soupe de l'Espace       - 9, avenue des iles d'or, 83400 HYÈRES, blog dont je ne pourrais plus me passer, voilà, c'est dit.

J'avais lu, que dis-je, on m'avait obligée à lire ce petit livre en anglais, il y a peu, je l'avais beaucoup aimé. Le voici en français. Je persiste à préférer la vo, mais c'est excellent.

 



Publié dans albums

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tous les enfants grandissent, sauf un...

Publié le par Za

Il y a des jours comme ça où on est brusquement rattrapé par le syndrome du "mais-comment-pourquoi-je-n'ai-pas-encore-lu-ça". Retrouvé en furetant sur une étagère de vacances parmi d'autres livres à la tranche bleue, daté de Noël 1955, et dégageant une odeur de vieux papier confortable, d'encre douce...

 

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Peter Pan, pour moi, représentait un genre de grand écart passablement inconfortable entre le dessin animé des studios Disney et la BD de Loisel, si proche de Dickens, incontournable de noirceur magnifique, avec son irrésistible Clochette. "Ce n'était pas vraiment une lumière mais une source d'éclats lumineux successifs qui, s'interrompant durant une fraction de seconde, permit de voir qu'il s'agissait d'une fée, pas plus grande que la main et encore dans l'enfance. Elle s'appelait Tinn-Tamm et était vêtue d'une robe de feuilles ravissante, au large décolleté carré qui mettait en valeur sa silhouette légèrement encline à l'embonpoint." "Cette fée-là, c'est un p'tit morceau de gâteau, nappé de susceptibilité." (Régis Loisel, tome 2, Opikanoba) Le roman de James Matthew Barrie, publié en 1911,  se situe quelque part entre les deux. 


 

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" Tous les enfants grandissent sauf un. ..."

... et celui-là est inquiétant, capricieux, léger, inconstant, sans coeur, un enfant dans toute sa splendeur. Peter Pan ne s'alourdit pas de souvenirs ni de tendresse, pas plus qu'il ne s'embarrasse d'une mère. Les mères empêchent de voler, vous retiennent dans leurs bras trop aimants et, à coup sûr, vous empêcheraient d'affronter des pirates ! Chez les Darling, il y a une mère de la pire espèce, du genre à être inquiète lorsque ses enfants disparaissent brutalement , laissant derrière eux la fenêtre de premier étage ouverte. Encore que... "Cette âme romanesque ressemblait à ces petites boites gigognes qui nous viennent de l'Orient mystérieux - vous avez beau les ouvrir l'une après l'autre, il y en a encore une plus petite à l'intérieur. Et sur sa bouche doucement moqueuse flottait un baiser que Wendy ne pouvait jamais cueillir bien qu'il fût là, palpitant à la commissure droite des lèvres."

Fort heureusement, une mère, ça s'oublie vite. "Mais je crains bien que Wendy ne se souciât guère de son père et de sa mère; elle était persuadée qu'ils garderaient toujours la fenêtre ouverte pour son retour, ce qui lui laissait l'esprit tout à fait libre. Ce qui, en revanche, la perturbait parfois, c'était que John n'avait qu'un vague souvenir de ses parents tandis que Michael était tout disposé à la prendre pour sa vrai mère." Je crois que c'est cette dernière partie de phrase qui a commencé à me traumatiser... Et je n'étais pas au bout de mes peines!

"- Où as-tu mal, Peter ?

- Ce n'est pas de ce genre de souffrance, répondit Peter d'un air sombre.

- Alors, quel genre, dis-moi ?

- Wendy, tu te trompes à propos des mères.

Ils se rassemblèrent tous autour de lui, apeurés, tant son agitation était alarmante; alors, avec une belle candeur, il leur révéla ce qu'il avait jusque là caché.

- Il y a longtemps, dit-il, j'ai cru comme vous que ma mère garderait toujours la fenêtre ouverte. Je suis donc resté absent durant des lunes et des lunes et puis je suis revenu mais  la fenêtre était condamnée car ma mère m'avait oublié et un autre petit garçon dormait à ma place dans mon lit.

Il n'était pas certain que Peter dît la vérité, mais il croyait la dire et les autres prirent peur.

- Tu es sûr que les mères sont comme ça ?

- Oui.

Donc à propos des mères, il ne se trompait pas. Les monstres ! "

 

Des pères, il n'en est pas trop question, si ce n'est pour en relever les excentricités. Pauvre monsieur Darling, déjà mis à mal par l'existence même de ses enfants, puis par leur absence.

"- George, dit-elle timidement, tu es toujours aussi rongé par le remord, n'est-ce pas ?

- Toujours, ma très chère. Vois mon châtiment... Vivre dans une niche.

- Mais c'est bien une punition, n'est-ce pas, George ? Tu es bien sûr que tu n'y prends aucun plaisir ?

- Mon amour ! "

 

Je me suis laissée emporter par la noirceur de l'histoire, par le désespoir qui s'en dégage. La mort rôde sans cesse parmi ces pages faussement joyeuses,  parmi ces paysages éternellement crépusculaires. "Tout étant prévu avec une ingéniosité diabolique, la plupart des Peaux-Rouges s'enveloppèrent dans leurs couvertures et, avec le flegme qui, pour eux, représente la quintessence de la virilité, ils s'accroupirent au-dessus de la maison des enfants, attendant l'heure blafarde où ils sèmeraient la mort livide."

Le Capitaine Crochet, à mille lieux du bouffon de farce, est un personnage d'une grande élégance, un dandy fragile et cruel. Mais Peter Pan, c'est aussi la grande aventure, les pirates, les Indiens, les sirènes, les cachettes dans les arbres, un crocodile obstiné. Neverland est une île de Cocagne où tout est possible. Une île où, lorsqu'on est un enfant perdu, on n'a d'autre choix si l'on grandit que de devenir pirate. Ou de mourir.

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ill. Jan Ormerod

 

Je crois que je n'ai jamais autant truffé un livre de ces petits marque-pages en couleur qui me servent à retrouver les passages importants. Cette histoire ne peut laisser indifférent. Je me demande parfois si aujourd'hui, dans notre époque politiquement correcte, on pourrait encore écrire, publier Peter Pan...

 

Mais la découverte de ce texte m'a laissé un sentiment de malaise.  Vous l'avez compris, le sort qui y est fait aux mères... Mais peut-être aussi est-ce parce que, finalement, et malgré tous mes efforts, j'ai fini par devenir un peu adulte...

 

extraits tirés de la traduction d'Henri Robillot,

Folio junior, 1988

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poils, plumes & cailloux

Publié le par Za

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On s'approche, on s'apprivoise au fil des visites.

La prochaine fois, c'est sûr, j'aurais un sourire !

 

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herbe roussie par l'hiver, poil dru,

comme l'impression de ne pas changer de matière

 

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"Quant à l'Auvergnat de race très pure, la zoologie nous fait voir que, sous un gilet de laine marron , qui se boutonne et qui a quatre poches, il porte un pull-over de couleur aubergine sous lequel il a mis un chandail qui dissimule quelques menus lainages superposés sur l'épaisse chemise qui recouvre son tricot de peau. Ce qui est pratique pour les ménagères. Les ménagères du Haut-Cantal se servent couramment du grand-père, qui est assis à côté du feu, comme d'une pelote à épingles. Il est immobile et pure laine. Comment se passerait-il d'un hiver rigoureux ? L'été l'éprouve déjà beaucoup, l'hiver le repose un peu de ses nombreux lainages."

Alexandre Vialatte, Bestiaire, Arléa

( chronique publiée dans le journal la Montagne )

 

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des rochers de basalte, percés de grottes à trésors

 

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saisir l'insaisissable, la douceur du feu follet de laine blanche

 

 

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d'autres pierres dans des parfums de sel

 

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L'auteur de ce billet remercie pour leur aimable participation :

les inestimables Salers du Bout du Monde,

le rocher de Bredons pour ses mystères,

les agneaux de Saint-Germain, Millau

les pierres d'Aigues-Mortes

les gabians du Grau du Roi

Publié dans in my heart

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pangbotchi

Publié le par Za

Ce doit être l'ambiance montagneuse du moment qui m'amène tout naturellement à une histoire de yéti, parce que pour ceux qui en doutaient encore, oui, je l'affirme bien haut (1 000 m), il y a des yétis dans le Cantal. Velus et tout. Vous n'avez qu'à jeter un oeil sur les vaches du cru et vous verrez que question poil... Mais je m'égare.

 

 

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Où en étais-je ? Ah oui, le yéti. 

 

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Celui-ci vit tout naturellement quelque part au Népal (et pas dans le Cantal) dans une douillette maison, avec son papa et sa maman, yétis eux aussi, évidemment. C'est la veille de Noël et le petit Pangbotchi doit faire face à une invasion de lutins, qui envahissent salement le frigo, squattent le canapé du salon... Pas mignons pour deux sous, ces lutins et sans gêne comme tout. Heureusement, papa Yéti est là pour les remettre sur le droit chemin, celui qui mène chez le Père Noël où les attend leur dur labeur saisonnier. Et nous voilà partis pour de belles glissades en baignoire ou en canapé sur les pentes enneigées !

 

 

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Voici une histoire épatante d'Alex Cousseau, qu'on relit dès qu'on en découvre la chute, un texte malin et plein d'humour. Le tandem Cousseau - Turin fonctionne à merveille. Tout n'est pas dit dans le texte, les illustrations de Philippe-Henri Turin ont leur part d'histoire à raconter et sèment les indices. Les yétis sont épatants, plus que vivants, griffus, à la fois drôles et effrayants, dents parfaitement acérées, regards pas que rassurants. Et ce petit Pangbotchi qui aurait des airs de Barbouille...

 

 

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De belles montagnes enneigées (pour ceux qui aiment les montagnes  enneigées, ce qui n'est pas mon cas, dois-je vous le rappeler ?), avec une mention spéciale pour un crépuscule rose de soleil couchant, qui vous scotche franchement lorsque vous tournez la page. Si vous voulez le voir et vous régaler, commandez ce bel album à votre libraire, c'est à l'École des Loisirs, cuvée 2005, approuvé par Petitou !

 

 

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princess bride

Publié le par Za

"- Il y a du sport dedans ?

- De l'escrime. Du combat. De la torture. Du poison. Le grand amour. La haine. La vengeance. Des géants. des chasseurs. Des méchants. Des hommes bons. Des dames plus belles que tout. Des serpents. Des araignées. Des bêtes de toutes natures et de toutes formes. Des lâches. Des hommes forts. Des poursuites. Des évasions. Des mensonges. Des vérités. La passion. Des miracles." 

Mais ce n'est pas tout. 

Il y a aussi de l'humour, de la folie, de la légèreté, de la cruauté, des éclats de rire, des frissons, de la bêtise, de l'arrogance, du panache, du courage, des chevaux filant comme le vent, un pirate terrible et éternel, un géant rimailleur, un bretteur espagnol insurpassable, un prince retors, un comte cruel (un conte cruel ?), une héroïne belle comme le jour et pourtant ch... comme la pluie (si, si), un héros trop beau pour être vrai, un auteur menteur comme un arracheur de dents.

Parlons-en de celui-là... Il se permet d'abréger un chef-d'oeuvre absolu de la littérature mondiale, notre patrimoine à tous, le fameux Princess Bride du grand auteur florin, Morgenstern. Comment, "c'est quoi florin?". Florin, quoi. Ce si petit pays d'Europe qu'il pourrait passer inaperçu, avec ses côtes élégamment découpées, son palais royal, sa verte campagne. Bon, je vous aide un peu. En face, de l'autre côté d'une mer infestée de pirates, c'est Guilder. Moins marrant comme pays : falaises vertigineuses, marais empoisonnés, faune pour le moins inquiétante...Cela ne vous dit toujours rien ? Révisez votre géographie, vous êtes indécrottables !

 

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Où en étais-je ? Oui, à William Goldman. Terrassé enfant par une pneumonie, son père lui lit ce roman admirable des mois durant. Devenu écrivain, il n'a de cesse que de le faire connaître, de le rendre accessible au plus grand nombre. Ne pouvant contenir son ego démesuré, il truffe le texte de remarques toutes plus... désopilantes les unes que les autres, sans oublier de jouer un peu avec les nerfs de ses lecteurs. On pourrait disserter sur la métafiction, le roman en train de s'écrire sous vos yeux. J'ai préféré rester au premier degré et jubiler à chaque page.

Pour aimer ce livre, il faut aimer les romans de cape et d'épée, de pirates. Il faut croire au grand amour aussi. Il faut croire à un sublime roman inconnu de presque tous...  Et vous finirez, comme moi, par lire les dernières pages lentement, très lentement, pas pressés de dire au revoir à Fizzik (ah ! ses poèmes !), Inigo Montoya (ah ! l'inoxydable "Bonjour, mon nom est Inigo Montoya, tu as tué mon père, prépare-toi à mourir."), Bouton d'or, Wesley (Ne passez pas à côté de l'autre grande et onirique histoire d'amour du livre : Montoya et Giulietta. "J'ai fait tout cela pour te plaire, et si tu ne m'embrasses pas sur les lèvres, Inigo Montoya d'Espagne, il est bien possible que j'en meure.") (Morgenstern aimait beaucoup les parenthèses.)

Je conclurai en empruntant à Goldman cette phrase (son fils va recevoir Princess Bride pour son anniversaire) : "[...] bien entendu je ne l'oblige pas à adorer le bouquin, mais s'il ne l'aime pas, je le tuerai moi-même. Donne-lui le message littéralement; je ne voudrais pas qu'il se sente menacé, ce n'est pas mon genre." Cette phrase, que je vous adresse volontiers, me rappelle que je ne peux décemment pas terminer ce billet sans remercier celui qui m'a conseillé ce livre et l'assurer que je l'ai adoré.... On ne sait jamais...

Et j'oubliais :"L'amour, le vrai, est la chose la plus importante au monde, à part le sirop pour la toux. Tout le monde sait ça."

Éditions Bragelonne

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admiration, tristesse

Publié le par Za

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Édouard Glissant

21 septembre 1928 - 3 février 2011

 

Publié dans d'autres choses

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l'homme de paille

Publié le par Za

 

Vous faites quoi, vous, lorsqu'au dos d'un album vous lisez ce genre de choses : "Grand-père glissait bien. Peut-être est-ce pour cela que je l'aimais."

Et si, en plus, à auteur, on découvre François Morel ?

Eh bien moi, j'ai tendance à me ruer...

 

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Gallimard Jeunesse, 2002 (toujours disponible)

 

Lorsque le grand-père est mort, le petit fils n'était pas encore né. Alors le père l'a empaillé. Il fallait bien le conserver, le garder près de soi pour la suite. Et puis un grand-père empaillé, ça peut rendre encore tellement de service...

 

Ce bien curieux texte est un genre d'ovni que je ne rangerai pas forcément tout de suite dans les albums de Petitou. Peut-être ai-je tort... Stéphane Girel l'a habillé d'illustrations crépusculo-neigeuses un peu glaçantes mais parfaites dans leur genre !  Voilà donc cette histoire rangée dans mes albums! 

 

 

De François Morel, j'avais adoré le spectacle "les Habits du dimanche". Il est de ces auteurs jamais très loin de l'enfance, mais de la vraie, celle qui grignote les croûtes de ses genoux, celle qui ne hurle pas d'épouvante devant un rat plus ou moins aplati au bord de la route, ou une taupe curieusement coupée en deux au milieu du chemin, mais s'intéresse plutôt au tableau, à l'effet produit - c'est du vécu petitouïen...

 

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En fait, cette lecture serait pile raccord avec mon humeur du moment. Chuis pas d'humeur joyeuse, c'est définitif. J'ai froid. Il fait moche. Hier, si ça intéresse quelqu'un,  j'ai sauvé un ver de terre maousse qui traversait la rue. C'est dire si je touche le fond... Je l'ai ramené dans le jardin pensant lui faire plaisir, en le portant sur un bout de carton. Comme cet ingrat tardait à s'enfouir dans la terre, de guerre lasse, je l'ai laissé sous l'arbre. Il y a aussi que je commençais à trouver dégoûtant de le voir se trémousser entre les feuilles mortes. À cette heure, dégourdi comme il avait l'air, de deux choses l'une : soit il est mort de froid (je ne suis pas retournée voir), soit il est parti engraisser un des merles du quartier...
À part ça, quelqu'un aurait-il quelque chose de rigolo à lire ?

 

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tendres dragons

Publié le par Za

Pour tout vous dire, à la maison, question dragon, on serait plutôt outillés...

 

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Et c'est sans évoquer les nombreux ouvrage dragonniers qui encombrent les étagères de la bibliothèque...

Quoique...

Il en manquait un, et pas des moindres !

Mais cette bévue fâcheuse est désormais réparée !

 

tendres dragons

 

Celui-ci est signé par la même équipe que Les ogres, excusez du peu...

175 pages de grande littérature dragonnière où se mêlent légendes, informations scientifiques de première importance, le tout remarquablement documenté. Dragons du monde entier, de toutes les époques , pas un qui n'échappe à l'esprit inquisiteur de Sylvie Chausse ! Les voilà inventoriés dans leur grande diversité, scrutés sous toutes les coutures, les grands, les petits, les jolis, les moches, les féroces, les méchants, les menteurs, les cruels, les avides, les pacifiques, les soupe-au-lait, les voyageurs, les séducteurs, les farceurs, les familiers, les inconnus, les fascinants, les redoutables... Avec eux leur pendant indispensable, la cohorte des sauroctones, autre nom du tueur de dragon, généralement élevé fissa au rang de la sainteté, alors que, franchement, il n'y a pas de quoi pavoiser... En parcourant ces pages, vous deviendrez incollables sur cette magnifique créature,  en particulier sur ses moeurs amoureuses : "Les hommes qui ont vu un dragon prendre une de ces terribles colères qui incendient les forêts et brisent les montagnes, pensent que ces monstres sont incapables de ressentir de la tendresse... Les malheureux, ils ne savent pas avec quelle fougue un dragon déclare sa flamme."  (d'où le titre de l'ouvrage)

 

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Je n'ignore plus rien désormais des dragons suisses, des jurons et insultes préférés des dragons,  de leur navrant penchant pour la boisson, de l'éducation des dragonnets, de  l'oeil du dragon et de son redoutable baiser, de la conduite à tenir en cas de morsure : "On parle souvent des brûlures provoquées par les dragons, et on a tort de négliger les morsures. Cependant, on peut probablement expliquer l'absence de remèdes efficaces pour les soigner par le fait que la morsure se termine généralement par l'ingestion totale du sujet ce qui rend toute médecine bien dérisoire." (voir couverture du livre)

 

Et puis, il y a le travail d'illustration de Philippe-Henri Turin, dont la modestie va encore devoir souffrir un peu, tant pis. Saluons d'abord son courage, son inconscience même. Faire tenir si longtemps la pose à un dragon, a-t-on idée ? Puis maîtriser la légère nervosité qui doit  gagner votre main dans les parages de ce genre de bestiole afin de rendre au mieux les subtiles couleurs de sa robe, les reflets délicats de sa pupille, le mouvement léger, quoique démesuré, de ses ailes diaphanes... Et ces trognes, toutes plus réjouissantes et monstrueuses les unes que les autres...  Une centaine de dessins, une folie de couleurs, de précision jubilatoire ! Chapeau bas ! Non, sans rire, c'est du grand art, de la part de celui qui, quelques années plus tard, devait dessiner Charles. J'ai quand même un faible pour le dessin de l'article "grotte", qui représente un dragon assoupi dans le noir, tout en nuances de noirs et d'anthracites... Allez-y voir, c'est page 69 !

 

 

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Le genre de livres à garder à portée de la main, parce qu'une fois lu,

on n'a qu'une envie : y replonger !

 

 

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les dévoreurs de livres # 2

Publié le par Za

Un autre dévoreur de livres...

 

Boston.

Années soixante.

Firmin naît dans une famille très nombreuse, au coeur d'un quartier voué à la démolition, dans une ambiance de fin du monde. Il vit au-dessous d'une librairie dont il épie la vie, la respiration et la nuit venue, il se gave de ses livres si appétissants. Au sens propre.

 

 

9782742791156

 

 

Firmin est un rat.

Un rat qui, lassé de grignoter les innombrables volumes des rayonnages de la librairie, se met un jour à les lire vraiment. Insatisfait de sa condition de rongeur, amoureux du Jazz et de Ginger Rogers, il n'aura de cesse que d'éviter ses congénères pour entrer en communication avec les humains ses égaux, même au prix de cruelles désillusions.

Il faut suivre Firmin le long des canalisations, dans les cloisons, les recoins, les bas-fonds de Scollay Square, dans les méandres de son esprit, de ses désirs. Firmin n'est pas très sympathique, imbu de sa vilaine petite personne, vaguement pervers, tout à fait lucide. "En sortant cette nuit-là j'étais, en dépit de mon intelligence, un mâle plutôt ordinaire. À mon retour, j'étais bien parti pour devenir un être grotesque et pervers." Mais une vie de rat, ce n'est pas très long, les bulldozers approchent, et le monde de Firmin disparaît sur quelques notes de Charlie Bird Parker...

 

 

 

 

Présenté souvent comme un roman humoristique, j'ai trouvé pour ma part ce texte d'une infinie tristesse. En le refermant, je devais avoir peu ou prou le même regard que Firmin sur la couverture... Je ne dis pas que je ne l'ai pas aimé, non.  Mais trouvé drôle, jamais. Firmin est seul, aspirant à ce qu'il ne peut atteindre et qui forcément le désespère: écrire, parler, être admis des hommes, désiré des Mignonnes qui se trémoussent sur l'écran du Rialto où il grignote le pop corn tombé  à terre. 

"Si les études littéraires servent à quelque chose, c'est bien à appréhender le funeste. Par ailleurs, rien ne vaut une imagination foisonnante pour ébranler votre courage. [...] Quant aux autres, ils pouvaient bien être remplis de terreur, courir se réfugier dans un coin, pris de sueurs froides, dès le danger passé, c'était comme si de rien n'était, ils se remettaient à trottiner le coeur léger. Et le coeur léger, ils s'avançaient dans la vie jusqu'à ce qu'ils se fassent aplatir, empoisonner ou briser la nuque par une barre de fer. Et moi qui leur ai survécu à tous, j'ai souffert mille morts. Pareil à un escargot, j'ai traversé la vie en laissant dans mon sillage une traînée luisante de peur. Après tout ce que j'ai vécu, ma mort, quand elle viendra, sera très décevante. "


Cette autobiographie d'un grignoteur de livres est brillante, bien écrite, bien traduite, en tout cas. On ne s'y ennuie pas une seconde. Et pourtant... Quelque chose me gêne et je ne saurais dire quoi. Comme une mouche qui agacerait pendant qu'on lit. Un inconfort, une gêne. Un truc pas clair. Je trouverai. Sans doute... 

 

 

Publié dans romans, Sam Savage, Babel

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