Miss Pook

Publié le par Za

Miss Pook
Miss Pook

- Voyons, voyons mon Cabas chéri... Depuis combien de temps n'avons-nous pas ici évoqué un roman de Bertrand Santini ? [Oui, je voussoie mon cabas. Cela met de la distance tout en exprimant le respect que je lui porte.]
- Deux mois, quasiment jour pour jour.
- Et en voici déjà un autre ! Quelle année ! Que diriez-vous de celui-ci, Cabas joli ? [Je l'avoue : le Cabas lit les livres avant moi.]
- Euh...
- Vous hésitez ?
- Il faut avouer que celui-ci est pour le moins inattendu.
- Mais encore...
- Eh bien, tout commence comme dans Mary Poppins. C'est une référence assumée, mais pour mieux la dynamiter. Miss Pook lui ressemble furieusement, si ce n'est que l'action se situe à Paris en 1907. Elle prend ses fonctions de gouvernante dans une maison bourgeoise du quartier du Marais. Et c'est là que l'histoire dérape. Car Miss Pook est une sorcière, une Mary Poppins punk. Elle enlève Élise, la fille dont elle a la charge et l'emmène sur la Lune où les attendent d'autres pensionnaires pour le moins inhabituels.
- La Lune ? En 1907 ? Vous divaguez, Cabas !
- Je viens de dire qu'elle était sorcière. Si vous m'écoutiez de temps en temps... Elles gagnent ensemble la Lune sur le dos d'un dragon chinois, un de ces cerf-volants de papier. C'est ce que l'on voit sur la couverture du livre. L'image est signée de Laurent Gapaillard qui, une fois de plus, ne s'est pas moqué du monde, si vous voyez ce que je veux dire.
- Je vois, Cabas adoré, je vois très bien ce que vous voulez dire. Et une fois sur la Lune ?
- Une fois sur la Lune, c'est du Bertrand Santini tout craché ! Vampires, faune, créatures, et d'autres sorcières encore, roulant les R comme chez Roald Dahl [Z'avez-vu ? Le Cabas a des références.] On tombe de Charybde en Scylla lunaires, c'est Élise au Pays des Horreurs !
- Ça va aller, les références, Cabas ? Point trop n'en faut, siouplé.
- Point trop n'en faune.
- [Accablement]
- La relation entre les parents et leur progéniture est au centre de ce roman, le prénom des sorcières ne trompant personne. Mais je m'en voudrais de trop en dire. Sachez seulement qu'on retrouve ici ce qui vous plait tant dans les romans de Bertrand Santini : ce style à la fois limpide et précis, un humour ici en demi-teinte et quelques clins d’œil qui sauteront aux vôtres.  Vous apprécierez en passant - page 8 - la présence d'un de ces zeugmas qui fait votre joie. Il faut enfin que je vous dise que Fiston a dévoré ce roman en un temps record et a bien remarqué la mention "Fin de l'épisode 1". Il est au comble de l'impatience, tout comme moi ! Je ne saurais donc trop vous conseiller cette formidable histoire !
- Merci Cabas.
- De rien, ma vieille !

Miss Pook et les enfants de la Lune
Bertrand Santini
illustration de couverture : Laurent Gapaillard
Grasset Jeunesse, novembre 2017

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

MFZ 03/12/2017 16:45

Non mais moi j'avais loupé çui-là!! i s'est pas foutu de toi ton cabas!