Les affreux chandails de Lester

Publié le par Za

C'est du vécu, forcément.

Les affreux chandails de Lester

Les vilains tricots, les pulls qui grattent, les trop courts, trop serrés, ceux qui ont pile la mauvaise couleur, qui  ne ressemblent à rien de connu et plongent leur propriétaire dans un embarras abyssal... Lester est de ces malheureux. Et maudit soit le crocodile qui a dévoré la maison de Cousine Clara, obligeant la serial tricoteuse à se réfugier chez lui.

Les affreux chandails de Lester

Malgré ses louables efforts pour détruire, cacher ces horreurs, Lester est confronté aux moqueries. Quand on voit l'allure des chandails, on pouffe aussi, l'air de rien. Et on pourrait être tenté de se ranger du côté des railleurs.
D'emblée, Lester se présente comme une petite personne particulière, rédacteur de listes alphabétiques de choses suspectes, adepte des chaussettes millimétriquement égales, bref, le genre à ne pas bousculer. L'irruption de Cousine Clara dans son quotidien est, de fait, une sorte de cataclysme. D'office différent, Lester ne l'est que davantage une fois affublé des pulls dont l'originalité défie les lois du bon goût. Cette différence, poussée à l'extrême, fait le noeud de l'album. Lester finit par ressembler à un extraterrestre.

Les affreux chandails de Lester

C'est un évènement somme toute banal, une fête d'aniversaire, qui va permettre à Lester de sortir de ce cauchemar. Mais pour cela, il va devoir bouleverser ses croyances et aller lui-même au-delà de ce qu'il pense être la différence.

Les affreux chandails de Lester

K. G. Campbell rend palpables la bêtise et la méchanceté de certains, la réjouissante étrangeté des autres. Chaque caractère, chaque trogne est soignée, avec tendresse mais sans pitié pour autant. Il allie humour et noirceur et l'on est tenté d'évoquer l'ombre tutélaire d'Edward Gorey.
Les affreux chandails de Lester est un album profond et drôle comme on en lit rarement.

K. G. Campbell
Les affreux chandails de Lester
(Lester's Dreadful Sweaters, 2012)
traduction de Fanny Britt
Editions de la Pastèque, 2014

logo challenge albums 2015
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Carotte 08/04/2015 23:14

Moi je kiffe le gilet à pompons !!!!

Za 13/04/2015 17:59

Comme je te comprends !
:oD

L'or rouge 30/03/2015 18:14

Un bel album qui peut faire réfléchir les enfants sur la différence et le rejet... Et les illustrations sont craquantes comme tout, et très drôle ce qui ne gâche rien ;0)

Za 13/04/2015 18:02

Une découverte que cet auteur/illustrateur dont je vais scruter le travail !

Violette 30/03/2015 10:54

comme Syl, que de (mauvais) souvenirs! Je crois ne pas infliger ça à mes enfants aujourd'hui... ils ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont!

Za 13/04/2015 18:05

Peut-être a-t-on tort de ne pas infliger ça à nos enfants...
D'abord, on ne se vengera jamais de l'affront qui nous fut fait sur personne, ce qui est frustrant. Et puis qui sait, c'est peut-être ce traumatisme qui a fait de nous des femmes classes et élégantes en toutes circonstances !
;o)

Margotte 28/03/2015 17:29

En voyant l'illustration où l'enfant porte une tenue avec des pompons violets, j'ai tout à coup eu une folle envie de porter la même en classe, afin d'égayer un peu l'ambiance... Il est temps que les vacances arrivent ;-)

Za 29/03/2015 18:26

Mais vas-y ! Je ne sais pas si tu trouveras aisément le même modèle... Mais tu sais que je tricote... yerk yerk yerk...

Syl. 28/03/2015 12:42

Je suis d'une époque où la majorité des enfants avait des pulls gratouilles.
Pulls, salopettes... que de souvenirs !
Je note cette charmante-terrible histoire.

Za 29/03/2015 18:27

J'ai un souvenir cuisant ( et grattant) d'une jupe-culotte en tweed... Le cauchemar.